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A Friville-Escarbotin : Le cimetière profané
Publié le: 30 avril 2008
Dimanche matin, de nombreux habitants de la commune ont entendu sur les ondes que le cimetière de Friville-Escarbotin avait été victime d’inscriptions nazies. A cette annonce beaucoup d’entre eux se sont déplacés spécialement que ce soit vers le cimetière de la rue Arago ou celui plus ancien situé derrière l’église St-Hubert.
C’est dans l’enceinte de ce dernier, pourtant fermé à clé de 20 h à 8 h que la profanation a eu lieu. Trois tombes et deux chapelles ont subi l’outrage de recevoir une croix gammée, une étoile de David, ou même les deux.
De la peinture rouge brique souillée et des graphismes hésitants,…même le sol de l’allée centrale a été tagué.
Beaucoup de personnes sont reparties rassurées sur l’état de leur sépulture, mais tous révoltés par le procédé.
Mais que dire de l’indignation de ceux qui ont découvert une tombe souillée !
«C’est une honte de voir ça», déclarait Jean-Noël Lecanu en découvrant une inscription sur la tombe de sa belle-mère, «Quand on a quelque chose à dire à quelqu’un, on lui dit en face et puis c’est tout. J’ai entendu la radio ce matin, je suis venu et voilà ce que j’ai trouvé : c’est une honte. Mais pour l’instant il ne faut pas essayer de nettoyer et laisser l’enquête suivre son cours».
Il semble cependant que les graffitis aient été faits dans la nuit de jeudi à vendredi, car c’est vendredi après-midi que la mairie a recueilli les premières plaintes des habitants. Les services municipaux et la gendarmerie sont venus faire leurs constatations.
Bien sur, l’émotion persiste : «Je suis venue dès que je l’’ai entendu», dit Mme Jarno, heureusement soulagée de trouver sa sépulture intacte, «J’ai eu peur parce que les membres de la famille de ma mère avaient un patronyme de consonance juive. Pourtant tous les morts doivent être respectés quels qu’ils soient».
Puis elle ajoute avec émotion: «Un frère de ma mère a disparu trois mois avant la fin de la guerre. Il avait été arrêté lors d’un contrôle. C’est encore plus difficile de faire son deuil quand on n’a pas de tombe pour se recueillir : depuis tant d’années, il ne se passe pas un jour dans la famille sans qu’on pense à lui».
Dimanche midi , David Lefèvre qui assistait à la cérémonie des Déportés nous déclarait son indignation : «On se sent indigné et on pense d’abord aux familles dont les tombes ont été outragées. Je tiens à les rassurer : les signes sont d’un graphisme hésitant, il s’agit vraisemblablement de jeunes peu expérimentés en la matière et qui ont agi par mimétisme, sans se rendre compte de la portée de leurs actes. Mais c’est très triste et très dommage pour tout le monde».
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