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Au Tréport : Protestations contre les éoliennes offshore
Publié le: 30 avril 2008
Le Tréport ne veut pas du projet éolien en mer. Alain Longuent, maire de la commune, les pêcheurs, les acteurs du monde de la mer l’ont réaffirmé lors d’une réunion organisée mardi dernier par Catherine Boutin, déléguée régionale de la Fédération Environnement Durable, nouvelle fédération qui rassemble des opposants au développement de l’éolien en France. Cette réunion fait suite aux nouvelles vélléïtés de la Compagnie du Vent de présenter un nouveau projet suite au refus du précédent en raison de la présence d’un dépôt de mines au large de St Valéry. Selon un responsable du comité des pêches de Dieppe, la Compagnie du Vent aurait transmis un nouveau dossier à cet organisme, dossier qui stipule que le champ éolien offishore sera déplacé vers le sud et se retrouverait donc au large du Tréport et de Penly. Ajoutez à cela que le projet similaire au large de Veulettes semble lui être en bonne voie et vous comprendrez que les opposants à l’éolien se disent qu’il est urgent d’agir. Alain Longuent précise qu’il n’est pas question de remettre en cause ce qui touche au développement durable : “Mais ces éoliennes au large, c’est inacceptable. Ce parc éolien offshore c’est la mort de la pêche et au-delà des conséquences sur cette corporation et sur les emplois qui en dépendent, je suis persuadé que cela aurait également des effets néfastes sur le toursime. Le touriste préfère venir flaner sur les quais le long du port de pêche que d’aller admirer un champ éolien au large. En plus on nous parle de manne financière pour les collectivités mais qu’en sera-t-il réellement”. Willam Devisme, représentant syndicaliste des pêcheurs abonde en ce sens : “demandez aux communes qui sont proches des gravières que l’on exploite au large si elles touchent quelque chose...”.
Olivier Becquet et Jean-Marie Byhet représentants des utilisateurs du port et des pêcheurs ne croient pas à toutes les promesses qui leur sont faites. Et lorsque l’on évoque celle de la Compagnie du Vent (aujourd’hui propriété de Suez) concernant la fourniture de carburant, la représentant du comité des pêches du Tréport monte au créneau : “on en a marre d’être assistés, que l’on nous laisse simplement travailler tranquillement et tout ira bien.
Catherine Boutin se montre virulente contre l’éolien : “L’éolien, c’est de la finance, ce n’est pas de l’écologie. Si on laisse faire, les multinationales qui sont derrière ces projets vont s’accaparer tout le territoire. Regardez ce qui se passe dans notre région, on ne peut plus faire 15 km sans voir ces éoliennes et contrairement à ce que pense le président du Conseil Général de la Somme, je ne trouve pas cela très esthétique. Ces multinationales veulent 6000 mégawatts, offshore, cela signifie plus de 2000 éoliennes au large des côtes françaises et si l’on en croit les différents projets, 1000 seraient installées entre St Valéry en Caux et St Valery sur Somme. De plus, il faut avoir consciences que ce sont des entreprises étrangères qui portent ces projets. De plus, il faut savoir que les promoteurs se font rembourser les 2/3 de la taxe professionnelle et là c’est le contribuable qui paye”.
Dans la salle, un participant soulève que la région a déjà accepté d’avoir sur son territoire deux centrales nucléaires : “C’est déjà un effort qui me semble suffisant”. Un pêcheur souligne qu’avec ces projets et Natura 2000 qui se profile à l’horizon, on va mettre les bateaux au fond du bassin”.
Catherine Boutin conclut en comparant les proijets à un nouveau mur de l’Atlantique : “2000 éoliennes, ce sont 2000 blockhaus, 2000 immeubles de 150m de haut au large. On va urbaniser la mer au nom de l’écologie. C’est de la fumisterie des vendeurs de vent”.
Derrière ces paroles fortes, il reste désormais à trouver des actions concertées et suffisamment effcicaces pour interpeller les pouvoirs publics et mobiliser car pour l’instant les anti éoliens semblent moins performants que les promoteurs de ces projets offshore. Il faut dire que les moyens ne sont pas les mêmes et que l’on a l’impression d’assister pour l’instant à une version moderne du pot de terre contre le pot de fer.
JP Vaneck
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