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Les Slovènes rois de la Côte Picarde : Après Spilak, Koren l’emporte à Mers-Les-Bains
Publié le: 24 avril 2008
Une foule considérable, une course débridée, acharnée, incertaine, 2008 restera un grand cru de la Côte Picarde, ce n’est pas Gilbert Duclos Lassalle, double vainqueur dU Paris-Roubaix qui nous démentira.
Coïncidant avec les vacances scolaires, la Côte Picarde 2008 a attiré sur son parcours un très nombreux public et ce dés le départ de Fort Mahon. Des deux côtés du boulevard de la mer, des milliers de spectateurs ont assisté à la présentation des 144 coureurs répartis en 25 équipes : au total 30 nations représentées et autant de maillots nationaux donnant à ce peloton un cachet exceptionnel. Le premier attaquant de la journée est norvégien : Sten Stenersen tandis que le slovaque Michal Skarika est le premier distancé. Le ton est donné, la course sera échevelée : plus de 45 km dans la première heure de course. Il faut dire que les rushs de Rue et de Crécy donnent des idées à certains. Au 50e km on retrouve neuf hommes en tête parmi lesquels le Nogentais Jocelyn Bar qui a sans doute lu sur le programme que deux de ses anciens coéquipiers figurent au palmarès de cette belle épreuve : Saïd Haddou en 2004 et Guillaume Levarlet en 2006. Dans ce groupe figurent surtout des coureurs de l’Ouest : les coureurs de l’Est sont encore sur la réserve. On se prend à imaginer la victoire d’un Anglais, d’un Américain ou d’un Canadien ce qui constituerait une première. Les neufs sont repris après une vingtaine de kilomètres de fugue et une avance qui n’a jamais excédé les 30 secondes.
Après le plat et le vent, le peloton aborde la partie accidentée du Ponthieu et du Vimeu. Il faut être adroit, relancer, bref il faut en avoir dans les mollets pour demeurer aux avant postes. L’élimination se fait vers l’arrière : crevaisons, chutes, fringales peut-être empêchent un certain nombre de coureurs de jouer leur chance jusqu’au bout.
C’est un portugais qui va mettre le feu aux poudres. Vitor Rodriguez attaque dans la côte de Miannay et fait exploser le peloton. Il sera bientôt repris par un premier puis un second groupe et c’est un peloton de 28 coureurs qui retrouve le bon air marin en filant le long de la Baie de Somme.
28 hommes, ce sont 18 maillots nationaux différents et là, les coureurs de l’Est se montrent avec le lituanien Siskevicius, le Polonais Paterski ou le Russe Kotchetkov. A noter aussi la présence du Belge Depoorter dont le président Jean Bernard Devos avait fait son favori.
28 coureurs c’est beaucoup mais ils vont pourtant réussir à s’entendre pour se présenter au pied de la Côte de Blengue avec 90 secondes d’avance sur le peloton. Cette première ascension va voir six coureurs s’échapper : ils perdront l’américain Van Garderen sur crevaison. Derrière les britaniques sonnent la charge et prennent la direction de la poursuite mais sans réussite.
Au pied de la dernière ascension de la journée, la côte du général Leclerc à Ault, le Portugais Rodrigues, décidément très en vue, attaque. Il prend une cinquantaine de mètres d’avance sur ses poursuivants et compte encore 14 secondes de crédit à la sortie de St Quentin Lamotte. On pense que c’est pour lui, dans la poche mais il voit fondre sur lui ses poursuivants qui le reprennent à 300 m de la ligne. Kristjan Koren ne s’est pas trop montré depuis le début de la journée, il a encore du jus, suffisamment pour franchir la ligne d’arrivée avec quelques longueurs d’avance sur l’Australien Clarke et sur un autre animateur de la journée, l’Allemand Keinath. Rodrigues termine 5e , il devance les Belges Vanmarke et Depoorter et il faut attendre la 16e place pour voir le premier Français, le Nogentais Jocelyn Bar.
Sur ce podium très international, Emmanuel Maquet, maire de Mers, Olivier Chapuis-Roux, vice-président du Conseil Régional, Pascal Demarthe et Gilbert Duclos Lassalle, parrain de l’épreuve, responsable des sports au département récompensaient les uns et les autres et notamment les Portugais qui prennent la tête de la coupe du monde UCI espoirs. L’occasion également pour eux de féliciter tous les organisateurs, du président Jean Bernard Devos, de son alter égo René Detrin au plus humble des signaleurs. Grace à eux, cette édition 2008 de la Côte Picarde a offert aux passionnés de la petite reine un superbe spectacle : que ces dernier gardent la liste des engagés. C’est Gilbert Duclos Lassalle qui l’affirme et on peut lui faire confiance : « il y a parmi ces coureurs de futurs vainqueurs de Paris Roubaix ». D’ailleurs, Simon Spilak vainqueur l’an dernier fut dès cette année un des principaux animateurs de la reine des classiques. La Côte Picarde est un révélateur de talent .
JP Vaneck
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