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Conseil des Prud’hommes de Friville-Escarbotin : La CGT décrète la grève des audiences
Publié le: 03 avril 2008
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Face à la menace de fermeture du conseil des Prud’hommes de Friville-Escarbotin, les conseillers prud’hommaux de la CGT ont décidé de prendre une mesure radicale, la grève des audiences. Jacques Merlier qui préside actuellement ce conseil et Gilles Humel, secrétaire de l’UL CGT ont expliqué cette décision au cours d’une conférence de presse. «Aujourd’hui on ne sait pas officiellement quel est l’avenir de ce conseil. On sait qu’il fait partie de ceux qui doivent être fermés dans le cadre du plan de Rachida Dati mais pour l’instant les décrets n’ont pas été publiés. Mais dans les faits, on sent que c’est réglé. Un courrier a invité la greffière à prendre les mesures nécessaires pour classer tous les dossiers et préparer les cartons. Et depuis plusieurs années, on fait tout pour que le conseil des prud’hommes de Friville ne puisse fonctionner normalement». Les griefs des responsables locaux de la CGT s’adressent aux autorités judiciaires du département qu’ils accusent de ne pas avoir mis les moyens nécessaires au fonctionnement de cette entité judiciaire chargée des conflits du travail: «nous prenons les décisions mais elle ne peuvent être appliquées faute de service administratif qui puisse transmettre aux différentes parties les décisions» explique Jacques Merlier très remonté: «D’ores et déjà les ordres sont donnés au plus haut niveau pour que le conseil des prud’hommes de Friville disparaisse au 31 décembre 2008 sans aucune concertation avec les élus prud’homaux et les organisations syndicales. A aucun moment nous n’avons eu de réponse à nos actions». Jacques Merlier et Gilles Humel adressent également leurs griefs au député Jérôme Bignon: «il avait promis de défendre le conseil des prud’hommes mais à cause semble-t-il des échéances électorales, il n’a jamais trouvé le temps d’évoquer le conseil des prud’hommes de Friville. Ce dernier va disparaître et ce sera la décision d’un gouvernement ultra libéral avec le soutien de la droite locale».
Jacques Merlier met en doute l’efficacité d’un regroupement des affaires prud’homales à Abbeville. «La personne qui a peu de moyen n’ira pas à Abbeville pour exposer son problème et pour défendre ses intérêts. De plus, comme il n’y aura plus de TGI à Abbeville, je ne vois pas comment un conseil de prud’hommes pourra y être maintenu. En fait, ce que nous redoutons c’est qu’à terme il n’y ait plus qu’un conseil de prud’hommes par département ou pire, que la justice du travail soit rendue par un juge professionnel: comment seront alors défendus les intérêts des salariés?».
Les responsables de la CGT interpellent les élus locaux: «il faudrait que les élus s’inquiètent car on est en train de vider le Vimeu de tous ses services publics» et regrettent que l’UIMM du Vimeu n’ait pas combattu ce projet de fermeture: «certains employeurs sont contre la fermeture du conseil des prud’hommes de Friville mais la chambre patronale du Vimeu préfère s’inscrire dans la ligne du Medef».
Cette grève des audiences pourrait être suivie d’autres actions indique Gilles Humel qui rappelle qu’une pétition protestant contre ce projet de fermeture a déjà recueilli plus de 3500 signatures.
JP Vaneck
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