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Au Tréport : Personnages atypiques et confettis
Publié le: 03 avril 2008
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L’affluence était de mise, samedi dernier, dans les rues du Tréport. Le rendez-vous était certes fixé à 15h, à la salle polyvalente, mais groupes, associations et particuliers sont pour certains arrivés bien avant... L’heure dite approchant, un vent de fête régnait et le soleil se dévoilait. Par-ci, par-là, les musiciens s’échauffent, les danseurs s’agitent tandis que princesses, cow-boys et peluches géantes s’approprient leurs personnages. De son côté, le public afflue, petit à petit, attendant le lancement du carnaval... et ça y est, il est l’heure, c’est parti, une file de plus de 200 personnes s’engouffrent dans les rues tréportaises, direction la maison de retraite, l’église, le musoir, les quais puis l’esplanade. En tout, plus de deux heures de spectacles pour des spectateurs bien souvent ponctuels, sur un pas-de-porte ou assis à la terrasse d’un café. Mais peu importe, l’ambiance est là et la parade est tant un plaisir pour son public que pour ses acteurs.
Un important défilé...
Comme chaque année, les organisateurs, à savoir Marguerite Pasin, maire adjointe à la commission culturelle et Mlle Douais, responsable du service culturel, ont travaillé des heures durant à l’organisation du carnaval. Au final, cinq groupes, soit plus de 200 personnes, ont répondu présent et accepté de prendre part aux festivités : Les Potes Iront, Quitombo, Les Porais Tilffois, le Show Band Airois et Pampana. A ces groupes, ce sont ajoutées diverses associations locales, telles la Parent’Aise ou l’Ancrage, quelques enfants des écoles (à titre individuel) et des particuliers... bref, un immense défilé, s’étalant sur plusieurs dizaines voire centaines de mètres !
Par ailleurs, notons que Marguerite Pasin, pour l’occasion grimée en “Cruella”, tient tout particulièrement à remercier “les associations présentes qui participent habituellement et qui se retrouvent à cette journée qui devient une tradition à l’annonce du printemps”.
Véritable melting-pot
Comme beaucoup d’autres, le carnaval du Tréport est l’occasion d’une véritable diversité, d’un brassage des cultures, d’un mélange des couleurs ou encore d’une confrontation des costumes. Indéniablement, à la seule vue du défilé, cette constatation saute aux yeux et se transforme en évidence une fois les groupes découverts...
Ainsi Quitombo est une batucada constituée en association depuis 2007 et composée d’une vingtaine de musiciens percussionnistes bénévoles, basés dans le Loir-et-Cher. Mais qu’est-ce qu’une batucada ? En fait, la batucada résulte du processus d’acculturation résultant des clivages africains, portugais et indiens donnant au Brésil une identité culturelle unique. Apparue au début du XXe siècle, la batucada fait intervenir différents instruments, issus de diverses cultures, tels surdo, tambourim, agogo, apito ou encore ganza. Ainsi, l’association Quitambo emploie ces instruments afin de jouer à la fois des morceaux traditionnels (réarrangé) issus des différentes régions du Brésil ainsi que des compositions personnelles et collectives
Autre groupe, autre pays, autre culture avec les Porais Tilffois; originaire de Liège et créée en 1952, ce groupe wallon “commémore la plus ancienne fraude fiscale répertoriée en Belgique” comme le stipule son site internet; en effet, à la fin du XVIe siècle, un jardinier connu sous le nom de Joseph le Repiqueur met au point un engrais lui permettant d’obtenir d’énormes poireaux. A cette époque, la seigneurerie de Tilff dépendait de la Principauté de Liège à laquelle elle devait la Dîme Grosse, soit un 10e de la récolte de céréales. Or, en 1585, les moissons sont partiellement détruites et le Prince-Evêque autorise le remplacement des céréales par des poireaux, sans prévoir bien évidemment qu’un 10e de la récolte de poireaux de Joseph le Repiqueur était considérable (en taille, en poids) et équivalait à quatre 10e d’une récolte normale de céréales. Les producteurs locaux s’insurgent mais tous s’acquittent finalement du dit impôt et, au cours de la nuit suivante, la moitié des poireaux disparaissent. Une enquête est alors diligentée par le Prince-Evêque et la grille d’entrée vérouillée n’étant pas fracturée, l’enquêteur se demande finalement si “les poireaux avaient des jambes pour s’enfuir comme ça”. Aujourd’hui, le groupe des Porais Tilffois est composé d’une petite dizaine de musiciens jardiniers, de nombreux “poireaux humains” et d’un géant de près de 5 mètres de haut. Reconnu, le groupe se produit régulièrement en Belgique mais également en France, en Allemagne ou encore aux Pays-Bas.
Concernant les autres groupes présents, notons que l’association dunkerquoise des Potes Iront n’a pour but que l’animation carnavalesque et musicale, sur fond de parapluies, bien sûr! Côté Show Band Airois, défilés, carnavals et fêtes locales sont également à l’honneur pour ces musiciens du Nord accompagnés de peluches à taille humaine. Enfin, dernier groupe et pas le moindre, les musiciens de Pampana, désormais célèbre formation musicale mersoise, étaient pour l’occasion accompagné de leur mascotte : une peluche géante !
Bref, “carnavaleux” et spectateurs ont de nouveau trouvé leurs comptes de cette énième édition du carnaval tréportais où les générations se sont retrouvées, déguisées ou non, sous des pluies de confettis...
B. Thoreux
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