|
Ville d'Eu : Le grand chelem de Marie-Françoise Gaouyer
Publié le: 27 mars 2008
Dimanche 23 mars, la salle du conseil municipal était descendue au rez de chaussée et il y avait beaucoup de monde rassemblé dans la salle du Carrosse. Ils étaient nombreux à observer la scèhne par la fenêtre. François Gouet vivait les derniers moments de sa mandature alors que l’opposition avait la veille déjà pris en main les destinées de la ville d’Eu en accueillant les hôtes du Tartan Day, à la salle Audiard. Pourtant, ces passionnés souhaitent simplement promouvoir la culture celte ne sont pour rien dans cette élection et ne comptent pas faire de la politique. La tristesse se lisait dans les visages des élus sortants et leur famille: “C’est le coeur serré mais l’esprit serein que je prononce ma dernière allocution en qualité de maire de la ville d’Eu” déclarait le maire dans son dernier discours, rappelant que la liste socialo-communiste a été élue “par le plus faible écart possible”.
M. Gouet justifiait ainsi la décision de présenter un recours en contestation et annulation devant le tribunal administratif de Rouen, persuadé que Mme Gaouyer aurait fait de même si elle avait été battue.
En remettant à la commune l’écharpe de maire et la croix Mayorale, M. Gouet saluait le 201e maire de la ville d’Eu: “Le comte Jean avait accordé à la ville en 1151 une charte municipale, faisant ainsi de cette ville la plus ancienne commune de Normandie”. L’orateur avait encore le coeur à la plaisanterie, souhaitant que la première femme maire de la ville d’Eu ne féminise la fonction: “J’espère que nous n’aurons pas à connaître un tel avatar avec vous car alors que deviendrait la célèbre chanson du Maire d’Eu de Vatout qui fait un peu de notre renommée?”
En renouvelant ses félicitations à l’équipe qui se met en place, M. Gouet se montrait persuadé qu’elle saura respecter les droits de la minorité, ajoutant: “Nous ne doutons pas de vos capacités à conduire les affaires municipales mais nous serons vigilants sur certains dossiers essentiels que nous avons soit initiés, soit réalisés: La réhabilitation des logements anciens de notre ville, le dossier du centre culturel de l’Hôtel-Dieu, les labels prestigieux de la ville...”
Et de souligner: “Les Eudois, Madame, ont vu ce que nous avons fait. Ils seront juges de ce que vous ferez”.
Le maire et 8 adjoints
Comme doyen d’âge, Jean Leblanc prenait la place centrale. M. Gouet annonçait alors: “Je respecte la démocratie des urnes. Pour être cohérent dans le cadre du recours, je ne participerai pas à l’élection du maire et des adjoints”.
Les autres élus de sa liste faisaient de même alors que Frédéric Vitaux affichait sa volonté d’indépendance en participant au vote, même s’il déposait un bulletin blanc lors du vote du maire, votant par contre dans le même sens que les 22 élus de la nouvelle majorité lors de la désignation des huit adjoints.
“Communion laïque”
Marie-Françoise Gaouyer venait d’être élue maire par 22 voix et un bullletin blanc. Emue, elle soulignait: “J’ai grand plaisir à vous accueillir à la mairie de Eu, haut lieu symbolique de la République. La Révolution de 1789 lui a attribué la tâche de tenir l’état civil, de ce fait quelque soit notre réligion, notre origine ethnique ou notre classe sociale, nous sommes tous citoyens français. Ce bonheur, je le partage avec nombre d’entre vous: C’est une véritable communion laïque en ce jour de Pâques”.
Mme Gaouyer exprimait ce jour comme “un nouveau jalon sur la route d’une synergie, d’une concertation, d’une écoute et d’une proximité avec vous tous”.
Le nouveau maire parlait de “campagne énergique avec les 28 amis de mon équipe voulue digne malgré toute la passion nécessaire pour faire connaître nos valeurs”.
En rappelant les résultats des urnes, Marie-Françoise Gaouyer exprimait une réflexion: “Les perdants ne doivent pas se plaindre mais exalter la Démocratie. Non seulement, personne n’est assuré de rien, mais la défaite, aussi illogique qu’elle puisse paraître à certains, doit être prise avec grâce. Autrement, on finirait par nous faire croire qu’il existe à Eu une Mairie ficelée pour la durée voire pour l’éternité. Le pouvoir, Messieurs, Mesdames, est précaire. Il ne s’inscrit jamais dans le temps historique; pour mieux l’exercer, il faut apprendre à s’en passer. Je serai la maire de toute la ville et de tous ses habitants”, Mme Gaouyer rappelant qu’elle est depuis dix ans élue régionale, percevant cette victoire non pas comme un aboutissement mais un nouveau départ.
Et d’évoquer la crise économique qui a déstabilisé les Français: “Plus que jamais, les conséquences de la crise devront être équitablement supportées entre les Eudois qui gagnent et ceux qui n’ont pas été gâtés par la vie. Il existe d’autres solidarités, celle de la République Française avec son maillage du territoire: La Région, le Département. Je souhaite faire profiter la ville d’Eu de moyens que mes prédécesseurs n’ont pas voulu ou su utiliser. Demain, les investissements continueront à Eu grâce à la solidarité”.
Et demain ?
Mme Gaouyer souhaitait montrer sa détermination: “Que ferons-nous demain ? J’ai lu et entendu de certaines personnes autorisées pensant que nous n’assumerions pas les choix de la gestion précédente. Je vous le dis tout net: Ils ont raison”.
M. Gouet avait voulu dès son installation faire d’Eu une ville congrès, persuadé de l’impact positif en retombées touristiques.
“Dès mardi, “Faste et Séduction” ne seront plus nos points de repère, il est terminé le temps de la poudre aux yeux et de la gestion “Bling-Bling”. Demain seront honorés ceux qui enrichissent la ville d’Eu par leur travail et leur talent. Demain, nous ferons pour que chaque Eudoise et chaque Eudois vivent debout: avoir un emploi, avoir un logement décent, accéder à la santé. Il s’agit désormais de faire progresser la ville et d’améliorer le quotidien des habitants” ajoutait Marie-Françoise Gaouyer dans son premier discours qui se clôturait par l’évocation du printemps: “Après une période glaciale qui nous a parfois découragés. Mais le printemps est aussi la saison des grandes joies populaires. L’hiver est terminé, nous allons oeuvrer à semer et à récolter et nous jouirons tous des fruits de notre travail. Vive la ville d’Eu, Vive la République française”.
E. Royer
Pour imprimer cet article
Autres articles associés
|