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Conseil municipal d'Ault : La ville cumule les handicaps
Publié le: 27 décembre 2007
Lors de la dernière réunion de conseil de l’année, vendredi, les élus ont pris la décision de lancer l’étude concernant le développement communal et la gestion durable de l’érosion côtière. Ce fut l’occasion d’évoquer le rapport de la direction départementale des affaires maritimes sur le sujet.
Il en ressort qu'au fil des siècles la commune a connu les effets conjugués de l’érosion des falaises et de la dépression économique. Et aujourd’hui elle cumule les handicaps avec un taux de chômage de 22% en 2004, une structure commerciale désuète, une capacité d’auto-financement limitée, des problèmes de sécurité liés à la fragilité de la falaise urbanisée, usure des ouvrages de confortement du front de mer, ruptures de digue, épis en ruine, enrochements instables...nécessitant des réparations annuelles à la charge de la commune.
La commune dispose d’un potentiel “environnement” incontestable mais pas suffisant pour infléchir les migrations saisonnières.
Depuis plus de 10 ans, le Syndicat Mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard est associé à la commune d’Ault, dans le but d’inverser la tendance lourde de dégradation économique et sociale qui affecte la ville. Plutôt que de répondre à l’urgence en fonction des coups de tempêtes, une stratégie de reconquête des espaces urbains littoraux, orientée vers la création de valeur ajoutée indispensable à la revitalisation économique a été élaborée. Son objectif est de tenir compte des paramètres liés à l’érosion du trait de côte en favorisant l’urbanisation en retrait du littoral à fort risque d’érosion tout en continuant d’assurer la sécurité des personnes dans les zones menacées.
Une première étape de ce développement a été franchie par l'acquisition du Moulinet en décembre 2003. L’exploitation de ce site devrait permettre aux habitants de tirer profit d’une nouvelle dynamique. Dans le même temps, une étude est actuellement menée en collaboration avec la commune de Woignarue pour le développement du pôle balnéaire d’Onival.
Concernant la zone littorale classée “rouge” à risque fort : secteur de la rue Jamart à l’arrière du casino, une protection adaptée est recherchée afin de minimiser les risques ultérieurs sans pour autant reconstruire des ouvrages lourds.
Pendant longtemps, la gestion du littoral s’est organisée autour du réflexe de défense à tout prix. Aujourd’hui, il s’agit de prendre plutôt en compte la réalité du risque et ses nécessités sociales, économiques environnementales dans les choix d’aménagements qui doivent tenir compte des enjeux du territoire et d’une bonne connaissance du risque.
Cette analyse permettra de comparer plusieurs scénarios afin de décider d’une stratégie urbaine conciliant la gestion durable de l’érosion côtière et le développement de la ville.
C. Legrand
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