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Le Tribunal correctionnel de Dieppe est jugé indispensable
Publié le: 12 juillet 2007
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“Il est efficace, rapide. Chaque infraction a une réponse”: Le taux de 97 % en matière de réponse pénale par infraction apparaît en effet comme exemplaire. Les avocats du barreau dieppois sont attachés à leur tribunal. Les justiciables le sont sans aucun doute tout autant, sachant que si le Tribunal de Grande Instance de Dieppe venait à fermer, ils devraient alors obligatoirement se rendre à Rouen (ou à Amiens pour la Somme si Abbeville et Péronne venaient à disparaître). La quarantaine d’avocats dieppois sont donc réunis autour de leur bâtonnier François Catarsi afin de plaider leur cause. Avec le personnel, on estime le nombre de familles concernées à plus de 200 et au sein même du tribunal, des soutiens ont également été affichés. “Cette manifestation n’a pas lieu d’être. Il n’y a pas de réforme pour le moment. On est actuellement dans la période de concertation qui doit se poursuivre jusqu’à la fin du mois de septembre”, déclarait le procureur de la République Jean-Daniel Regnault qui était sorti du tribunal pour se rendre devant les grilles cadenassées dès 7 h du matin par les avocats.
Ces derniers affichent néanmoins leur inquiétude: “Il a été dit que cette réforme serait faite dans la concertation. Mais le but de faire des économies aura des conséquences pour le barreau”. Les avocats rappellent le besoin d’obtenir des moyens supplémentaires, et attendent notamment la nomination d’un juge des enfants.
Les avocats rappellent en outre les travaux conséquents de réhabilitation du tribunal qui ont été engagés avec réfection des huisseries et un échange de terrain a été réalisé par la municipalité pour permettre de construire une annexe du tribunal à quelques pas, un terrain qui n’attend plus que le permis de construire en bas de la côte de Rouen.
“L’activité du tribunal a augmenté de 30 % dans les dernières années et celle du tribunal des Prud’hommes, également menacé, de 50 %”, s’insurge le bâtonnier François Catarsi qui craint que le désert reprenne ses droits: “Les plus forts prendront le dessus sur les plus faibles. Toucher au tribunal de Dieppe serait une injustice intolérable”, ajoute le bâtonnier.
Les défenseurs de la justice seraient obligés de recentrer leur activité sur Rouen et nombre de cabinets disparaîtraient de la carte de l’arrondissement de Dieppe.
228.000 justiciables sont concernés par cette réforme et les avocats attendent les explications de la chancellerie.
Ils sont en effet persuadés de l’impossibilité d’éliminer les deux barreaux du Havre et de Dieppe.
Plaider en chantant, les avocats ont démontré qu’ils savaient faire en adaptant les airs de “Saga Africa” de Yannick Noah, “Ô Marie, si tu savais”, de Johnny Hallyday et “Santiago”, d’Hugues Aufray.
Le cortège se rendait à la Poste pour envoyer les clefs des cadenas clôturant le tribunal au Garde des Sceaux.
Cette action symbolique avait pris fin quelques minutes plus tôt puisque le vigile du tribunal avait utilisé la cisaille afin de rompre les chaînes.
Des délégations d’avocats étaient reçues par les différents acteurs politiques.
De la Poste, les avocats s’étaient arrêtés en mairie de Dieppe sur la route de la gare.
Ils étaient reçus par le maire de Dieppe, Edouard Leveau qui promettait le soutien de la municipalité: “Je ne suis pas fier de la manière dont est traitée cette affaire”. La bibliothèque dangereuse qui a été démolie devrait offrir une surface supplémentaire au tribunal. “La Justice n’a pas de moyens importants. La ville pourrait donc faire un emprunt pour assurer cette construction qui serait couverte par un loyer échu dans le temps”, propose le maire. Une motion sera proposée au prochain conseil municipal alors que Dominique Lemiegre s’insurge contre le blocage à Rouen du dossier de permis de construire.
Il semble que les choses bougent rapidement puisqu’un premier échange de vues aura lieu sous l’instigation du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Rachida Dati, à l’échelle de chaque région. Pour la Haute-Normandie, ce sera le jeudi 12 juillet à la cour d’Appel de Rouen et une semaine plus tard, la ministre de la Justice se déplacera personnellement à Rouen.
Les avocats se souviennent qu’il y a 17 ans, une tentative de départementalisation des TGI n’avait pas abouti. Alors si des réformes sont nécessaires pour faire des économies, on s’interroge sur les moyens à donner pour les concrétiser.
E. Royer
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