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Au lycée Anguier-Cayet : Des piliers de l’enseignement s’en vont
Publié le: 04 juillet 2007
Parallèlement aux traditionnels mouvements de professeurs et personnel, deux piliers de l’enseignement font valoir leurs droits à la retraite. Denise Durand-Drouhin et Alain Roussel furent élèves de cet établissement eudois avant de transmettre à d’autres des valeurs bien ancrées en eux. C’est aujourd’hui la satisfaction du devoir accompli, et nul doute que la retraite sera active.
Le discours de Pierre Rey est empreint de nostalgie et on est conscient qu’à plus d’un titre, une page se tourne. Le proviseur du lycée Anguier-Cayet, en présence dans l’assemblée de son prédécesseur Hervé Le Guern, ne peut s’empêcher d’évoquer la construction du nouveau lycée. Elle n’a pas encore commencé mais en face du petit port d’Eu, les ateliers disparaissent les uns après les autres pour faire place nette. Un violent incendie est même venu l’avant veille accélérer les travaux des pelleteuses, détruisant entièrement les anciens bureaux de l’entreprise Verstraete. Parallèlement au lot de tristesse, M. Rey est heureux de voir des familles s’etoffer, avec 14 naissances dans le personnel enseignant et de service, ainsi que deux mariages. Maxime Blondel, enseignant durant six années à Eu, a été reçu au concours de chef d’établissement et connaîtra dans quelques jours son affectation pour la prochaine rentrée scolaire. Il est conscient que ce travail de direction pourra être source d’une certaine solitude. Passer de La Paz, dans la Cordillère des Andes à la ville d’Eu, en restant en carafe dans la gare des betteraves demanda une acclimatation, que l’enseignante d’Espagnol résume avec le sourire: “Au départ, ce fut très dur, mais rapidement, ce fut magnifique....” Une autre enseignante part pour la Grande-Bretagne, persuadée que pour le climat, “ce ne sera pas pire qu’ici”. L’infirmier Jean-Yves Quibel, qui s’était notamment investi dans le secourisme, est affecté au collège Dumas de Dieppe. Quant à Christophe Lachaume, le proviseur-adjoint a annoncé son choix pour raisons personnelles de démissionner du corps de personnel de direction.
De bons résultats furent obtenus également à l’UNSS avec deux équipes sélectionnées parmi les élèves pour les championnats de France. Les olympiades de mathématiques ont placé un élève du lycée Anguier à la première place. “Dans l’option théâtre, les trente élèves acteurs m’ont bluffé, ils ont été étonnants”, ajoute M. Rey qui sa lue la qualité d’enseignement de Gilles Cauchy.
Un projet d’établissement`
Le lycée Anguier-Cayet construit actuellement un nouveau projet d’établissement: “Nous voulons voir comment améliorer les résultats des élèves”, confie le proviseur.
La première pierre du lycée sera posée au cours de l’année scolaire.
Pas de langue
de bois
Pierre Rey donnait le ton pour parler de Denise Durand-Drouhin et d’Alain Roussel, qui prennent leur retraite: “Ce sont deux personnalités au caractère affirmé, qui savent ce qu’ils veulent”. Et de rappeler avec quel acharnement Alain Roussel a su défendre sa section de fonderie, qui est la seule pour la fonderie d’art en France. Pour Denise Durand-Drouhin (que l’on a surnommée affectueusement 3D), M. Rey parlera de “labour consciencieux, régulier”, les deux enseignants affichant un attachement tout particulier à leur établissement.
Le proviseur s’attardera sur cette volonté de voir les élèves réussir, alors que l’un comme l’autre n’avaient pas la notion du temps, tant que c’était au profit de l’école et des élèves.
M. Rey conserve d’ailleurs un excellent souvenir d’une heure de maths passée dans la classe de Denise Durand-Drouhin.
Donner des cours de soutien après la classe était quelquechose de régulier pour Mme Durand-Drouhin alors que M. Roussel pouvait lui aussi passer le dimanche autour de ses machines, dans l’atelier du site Cayet.
Le professeur de fonderie a donc imposé son rythme au proviseur, emmenant M. Rey dans les fonderies d’art de la région parisienne.
Tous deux auront marqué de leur empreinte l’établissement.
M. Rey est conscient qu’une page se tourne. Le mouvement a été lancé par le départ de personnalités du monde de l’enseignement comme Régine Vasseur, qui était représentée lors de cette réception par sa fille Anne, ainsi que Guy Franchet, qui avait été choisi par Mme Durand-Drouhin afin de remettre les Palmes Académiques, distinction que l’enseignante, discrète et modeste, avait obtenue il y a déjà deux ans, mais avait refusé de porter avant son départ en retraite.
La prof de maths confirmait cette volonté qu’elle a ressenti très tôt d’embrasser cette carrière, “un métier exercé avec beaucoup de plaisir”. L’adepte de la craie, inquiète des nouvelles technologies, a permis aux élèves de manipuler avec discernement l’outil et le concept mathématique: “Les échanges auront été également très enrichissants. J’ai eu plaisir de travailler avec l’ensemble des collègues d’autres disciplines, jusqu’aux services administratifs, le centre d’information et d’orientation... pour affiner la vision des élèves confiés et mieux les guider dans les études post-bac”.
Favoriser la réussite et l’épanouissement des élèves aura été pour Denise Durand-Drouhin un leitmotiv.
Les Palmes Académiques
Guy Franchet affichait une émotion justifiée. Tout comme Christian qui deviendra son époux, Mme Durand-Drouhin fut élève du lycée Anguier.
L’ancien professeur d’histoire-géographie met en avant ce respect des élèves et du monde enseignant perçu auprès de Mme Durand-Drouhin. Il aura guidé une carrière assumée avec persévérance: “En 1975, le proviseur Jean-Charles Royer voyait une enseignante timide. C’était une fausse impression. Il accueillait en fait une lionne qui avait effectué son stage de Capes presque sur la dalle d’Argenteuil. Cela donne du caractère”, lançait M. Franchet qui déchaînait l’assemblée nombreuse réunie sous le préau du site Cayet.
Au nom de tous, Guy Franchet adressait de chaleureux remerciements “à cette femme de très grand coeur”, avant d’épingler ces Palmes Académiques.
M. Franchet compte sur une belle mobilisation des enseignants et retraités dans le cadre du 400 e anniversaire de la fondation du Québec qui se dérouleront à la ville d’Eu et qui seront la trame du Printemps de Bresle 2008.
La cloche en surprise
M. Roussel aura vécu ce passage du CET au LEP, puis au lycée professionnel: “Tous ces changements ont pu être obtenus grâce à votre travail”, remarque M. Rey.
Une surprise avait été bien gardée. Une cloche, énorme, avait été fondue avec la participation de l’élève Alain Roussel en 1962. Elle fut descendue et nettoyée en cette fin d’année scolaire avant d’être présentée à l’assemblée.
Une plaque fut également offerte en cadeau mais pour éviter que le récipiendaire ne tombe sur la surprise, le travail a été effectué à l’extérieur de l’établissement.
Et Alain Roussel n’a bien entendu pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. Retraite rime avec passion secrète et nul doute que le monde de la fonderie ne va pas se refroidir suite à ce départ.
Une pensée allait notamment vers M. Caron, Alain Roussel souhaitant associer le souvenir de M. Vaillant.
E.R.
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