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3e circonscription de la Somme : Jérôme Bignon conserve son siège pour 143 voix
Publié le: 21 juin 2007
Au terme du 1er tour des législatives, Jérôme Bignon, avec un score de 40,65% se posait en large favori du second tour devant Vincent Peillon (PS). Le décompte des voix dites de droite et de celles dites de gauche laissait apparaître un écart de plus de 5000 suffrages en faveur du député sortant et même si l’abstention très forte laissait à penser que rien n’était figé, tout portait à croire à ce moment là à une victoire confortable pour le député sortant.
Une seule petite semaine sépare les deux tours et pourtant durant ces sept jours, un certain nombre d’évènements sont intervenus et ont failli renverser la situation. A l’arrivée 143 voix seulement séparent les deux candidats : tentative d’analyse d’un scrutin qui localement restera dans les annales.
La mobilisation
1725 personnes de plus se sont déplacées et l’on peut légitimement penser qu’il s’agit d’électeurs de gauche, le bon score de Jérôme Bignon au premier tour et la vague bleue imaginée au plan national n’étant pas de nature à mobiliser les abstentionnistes de droite.
Les reports
Au-delà de la mobilisation, le résultat d’un deuxième tour dépend des alliances et de la qualité du report des voix. A gauche, Jacques Pecquery avait appelé à voter Vincent Peillon en assortissant ce soutien d’une condition : que les socialistes soutiennent efficacement Maxime Gremetz à Amiens. Manifestement ce report n’a pas été total puisque le score de Vincent Peillon au deuxième tour est à peine supérieur au total des voix de gauche du premier tour dans des communes comme Ault ou Gamaches et ce malgré la mobilisation supplémentaire.
A droite, Jérôme Bignon comptait sans aucun doute rassembler sur son nom une bonne partie des électeurs du Modem, du Front National et surtout les chasseurs. Jeudi, une conférence de presse commune entre Nathalie Huiart, candidate CPNT et Jérôme Bignon confirmait ce soutien d’autant que selon Nathalie Huiart, “des engagements formels avaient été pris pour donner une place de secrétaire d’état à un représentant de CPNT”. Elle s’était même déclarée prête à accepter ce poste après mûre reflexion. Le report des voix des chasseurs n’a pas dû être celui escompté , aucune trace de représentant CPNT dans le gouvernement Fillion 2 ... L’info n’était-elle qu’une intox ?
A l’heure de l’analyse , en lisant les résultats dans certains secteurs et notamment dans le canton d’Ault, le député réélu va sans doute se féliciter d’avoir choisi Emmanuel Maquet comme suppléant. Le jeune maire de Mers avait déjà permis à la droite de conserver le Conseil Général en gagnant le siège cantonal à Ault, tout porte à croire qu’il a largement aidé son mentor à conserver son siège au Palais Bourbon. Les fonctions de président du SMACOPI ont sans aucun doute également servi les ambitions de Jérôme Bignon, à Ault avec les projets du Moulinet et du pôle nautique d’Onival. En revanche il ne manquera pas de constater que l’on n’est pas forcément prophète en son pays puisque, si il reste majoritaire dans le canton d’Oisemont, il est devancé par son adversaire PS dans la commune où il réside (359 voix contre 350).
Toutes ces analyses vont sans aucun doute être affinées par les responsables des différentes forces politiques dans la région car se profilent déjà à l’horizon les prochaines municipales.
Au soir du 17 juin, Jérôme Bignon est sorti vainqueur de la “belle”. Pour la deuxième fois, il devance celui qui lui avait a ravi son siège en 1997 et même si les supporters de Vincent Peillon tirent une certaine satisfaction de ce retournement de situation, lui sait qu’au deuxième tour il n’y a qu’un seul vainqueur et que dans quelques mois on aura oublié ces 143 voix d’écart pour ne retenir que le nom du député de la 3e circonscription de la Somme, Jérôme Bignon.
JP Vaneck
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