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12 mai 2008


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Le souvenir est essentiel pour les petits Criellois



Publié le:  09 mai 2007

Il y a Vingt ou trente ans, lorsque Monsieur l’instituteur nous disait : “les enfants, je compte sur vous tous pour être au Monument aux Morts le 8 mai”, tout le monde acquiescait. L’invitation prenait des allures d’obligation et il fallait une bonne excuse pour justifier son absence. Nous nous retrouvions tous, véritable armée de petites filles et de petits garçons, en rangs serrés, le jour dit. L’un de nous égrennait les noms inscrits en lettres d’or sur le monument et un autre de nos copains ponctuait chaque identité d’un vibrant “Mort pour la France”. Puis nous entonnions en choeur la Marseillaise sous le regard ému de nos aînés.

Cette tradition s’est étiolée au fil du temps. Désormais les enfants sont rares autour des monuments le jour des cérémonies patriotiques. Le mai, comme le 11 novembre, sont plus souvent synonymes de ponts et de sorties en famille. Face à ce constat, et au risue de voir le devoir de mémoire disparaître, Sylvère Obé, ancien combattant d’Algérie, s’est adressé au directeur d’école pour lui demander d’encourager les enfants à venir assister à la cérémonie du 8 mai. “J’ai sollicité les familles. 45 d’entre elles ont assuré que leur enfant serait là, mais je ne voulais pas en rester là. Il fallait que les enfants comprennent le sens de cette commémoration”, explique Rémy D’hierre qui a vu là une occasion supplémentaire d’accroître les connaissances de ses élèves et de les ouvrir un peu plus au monde qui les entoure.

C’est ainsi que jeudi les écoliers ont reçu la visite de Denise Dupuis-Delaporte, une Crielloise qui a vécu la guerre, de François Fouquet, écrivain historien, et de Michel Pollet, collectionneur. Tous trois ont, pendant une partie de l’après-midi, témoigné devant les 45 jeunes devant se rendre au monument et devant tous les élèves de CM2 associés à cette rencontre.

Témoignages vivants

Le début d’une guerre qui ne devait pas durer, une défaite qui n’avait pas été préveue, puis cinq longues années d’occupation ont été résumées par M. Fouquet qui consacre une partie de son existence à coucher sur le papier les témoignages de ceux qui ont vécu la guerre, qui ont dû fuir, qui ont été déportés. Pour donner un aspect plus concret à ce récit, M. Pollet a présenté aux enfants une série d’obejts utilisés quotidiennement à cette éposue ainsi que des photos et des documents rares. Les écoliers ont pu intervenir à leur guise, qui pour raconter une anecdote transmise par un arrière-grand-père, qui pour poser une question ou émettre un avis. Face à la gravité du sujet et à la qualité des intervenants, tous ont profité pleinement de ces instants ; de ces témoignages vivants, compléments indispensables au savoir dispensé dans les livres. “Dans les livres, vous découvrez un récit, c’est un peu une mémoire éteinte. Les témoignages délivrés aujourd’hui sont vivants, ils sont délivrés avec le coeur”, avait insisté M. D’hierre au début de la rencontre.

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