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15 mai 2008


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Le Casino du Tréport cédé au groupe Moliflor Loisirs

La belle réussite de la famille Guivarch

L'Informateur
Publié le  06 février 2003

Lorsque vous lirez ces lignes, le Casino du Tréport aura tourné une page de son histoire. Propriété de la famille Guivarch depuis 1989, l’établissement tréportais a en effet été cédé mercredi à Paris au groupe Moliflor Loisirs qui est dirigé par M. Bertrand Coltier. Ce groupe possède déjà 19 casinos en France et l’une de ses plus récentes acquisitions est le casino d’Etretat. Nous vous le présenterons dans notre prochaine édition et la manière dont il entend exploiter ce casino mais auparavant nous vous proposons un petit retour en arrière sur cette belle aventure familiale qu’ont vécu Alain, Monique et Sébastien Guivarch à la tête d’un établissement qu’ils ont profondément modifié et fait évoluer pour devenir l’un des remarquables dans cette dimension. Bien sûr, le Casino du Tréport n’a pas le prestige des établissements de la Côte d’Azur, de la Baule ou de Deauville mais en lui donnant une image luxueuse tout en lui conservant sa dimension humaine, Alain Guivarch, avec son épouse, puis avec son fils, ont su en faire une référence et un élément essentiel de l’attractivité du Tréport.

Début de l’aventure en 1989

C’est en 1989 qu’Alain Guivarch rachète le casino tenu jusqu’alors par M. et Mme Henri Letellier. A l’époque, un confrère compare le bâtiment à une vieille station désaffectée des années 50. Jugement un peu sévère, mais il est vrai que les casinos qui n’ont pas encore touché le jackpot des bandits manchots, n’ont pas le cachet qu’ils ont aujourd’hui.

A l’époque, le casino c’est une salle de jeu, une grande salle où la municipalité organisait ses réceptions, une salle de cinéma, un dancing. Le bâtiment accueillait également les bureaux de l’office de tourisme.

Alain Guivarch n’aura de cesse de moderniser, d’embellir cet ensemble et d’offrir un peu de rêve qui ne soit pas seulement sonnant et trébuchant. Alain Guivarch n’est pas un inconnu dans notre région. Ce parisien y a exploité de 1978 à 1987 l’hôtel le Picardie (aujourd’hui AigueMarine) à proximité de la gare avant de se lancer dans l’immobilier dans la région tourangelle. En 1989 il revient au Tréport et décide avec son épouse de se lancer dans cette grande aventure.

“Dés 1990, grâce à une parfaite entente avec la municipalité du Tréport qui ne s’est jamais démentie, j’ai pu engager d’importants travaux avec la création de la salle des billards et de bowling”. Viendront ensuite d’importants travaux dans la salle de cinéma avec l’installation d’un grand écran et le changement de programmateur : “Lorsque nous sommes arrivés, la moyenne des entrées était de 3500 par an, aujourd’hui nous sommes entre 45 et 55000 entrées, mais il est vrai que la production cinématographique a changé”. La réfection totale de la salle et l’installation d’équipements ultra-modernes en 1999 permettront de renforcer cette fréquentation.

En 1991, la discothèque est à son tour transformée : elle disparaîtra un peu plus tard : “Ce n’était pas notre priorité et les riverains se plaignaient des nuisances qu’elle apportait. Aujourd’hui, exploiter une discothèque en ville, ce n’est pas facile”.

Les machines à sous

C’est à partir de 1992 que le casino va pouvoir prendre une autre dimension avec l’apparition des machines à sous : “aujourd’hui, cela ressemble à la poule aux œufs d’or mais à l’époque, il a fallu s’endetter pour s’équiper et certains casinotiers n’y ont pas résisté”.

Pour Alain Guivarch, les choses se passent heureusement beaucoup mieux. Grâce toujours à une bonne entente avec la ville, il obtient que l’OTSI déménage dans de nouveaux locaux à proximité du port de pêche. Les machines à sous prennent sa place, au départ dans un simple couloir.. Immédiatement c’est la cohue et le casino se découvre une nouvelle clientèle. L’ambiance n’est plus celle feutrée des jeux traditionnels, elle devient plus populaire. Alain Guivarch veut tout de même offrir une atmosphère luxueuse à cette clientèle à priori moins huppée. Et puis, souligne-t-il, “lorsque nous proposons un environnement de qualité, nous sommes certains qu’il sera respecté, qu’il n’y aura pas de dégradations”.

De 36 machines à sous, le parc du casino du Tréport passera à 49 en 1993 puis à 69 en 1995. Le couloir d’origine était bien sûr devenu trop petit et la nouvelle salle est créée.

Si l’intérieur a fait l’objet de toutes les attentions, les extérieurs ne sont pas oubliés et en 1995, le casino revêt un habit de lumières. Alain Guivarch n’hésite pas à se déplacer à Las Végas pour aller y quérir des idées à chaque fois qu’un nouvel aménagement se profile. Créer, aménager c’est sa passion et depuis qu’il a pu passer petit à petit le flambeau de la direction et de l’animation à son fils Sébastien, il peut se consacrer pleinement à cette passion.

Entre le père et le fils, la fierté est réciproque et l’osmose qui en découle parfaite. A la fin des études de Sébastien, Alain, le père lui annonce qu’il a besoin de lui et ne lui laisse guère de temps pour réfléchir. Mais le challenge plaît au jeune homme qui ira s’aguerrir quelques temps dans un grand casino. A son retour, il commence par prendre la responsabilité du bar puis de la publicité avant d’occuper le poste de directeur général. Les deux hommes affichent la même réserve mais également le même souci de créer. Monique, l’épouse d’Alain assure la gestion administrative et le suivi comptable. Le trio familial s’est transformé en quatuor puisque ces dernières années, Stéphanie, l’épouse de Sébastien s’est également investie dans la marche de l’établissement.

C’est bien une véritable saga familiale qui va prendre fin d’ici quelques semaines, le temps que l’agrément d’un nouveau directeur des jeux soit délivré par le ministère de l’intérieur. A l’heure de tourner cette page, les sentiments sont un peu mitigés. Alain se dit soulagé. Sébastien Guivarch ne cache pas qu’il s’attend à subir un choc “Le plus facile aurait sans doute été de continuer mais parce que je dois penser aussi à ma vie de famille et que mes fonctions m’empêchaient de mener une vie de famille normale et puis parce que je voudrais créer ma propre affaire, mener ma propre aventure, j’ai accepté. Mais c’est sûr que quand je ne prendrai plus la route du casino, cela va me faire drôle”.

Sébastien Guivarch se donne un an pour s’investir pleinement dans une nouvelle aventure. “Ce sera toujours dans le secteur des loisirs et du tourisme et pour l’instant je ne peux vous dire si ce sera dans le secteur ou ailleurs”. Son père est tout aussi évasif tout en reconnaissant qu’il se voit mal se contenter d’une retraite dorée à assouvir ses passions pour le tennis ou la moto : “J’ai l’envie de recommencer une nouvelle entreprise car c’est une sensation incomparable de pouvoir créer quelque chose, de le développer, de se sentir utile”. Alain Guivarch sait de quoi il parle. Lorsqu’il est arrivé en 1989, l’établissement employait deux permanents et une quinzaine de vacataires. Aujourd’hui ce sont 46 personnes qui travaillent à la bonne marche du casino.

L’aventure du casino du Tréport se termine bientôt pour la famille Guivarch avec quelques regrets (“nous aurions voulu mener à bien l’aménagement d’une nouvelle salle à la place des billards avec le regroupement des jeux traditionnels et des machines à sous”) des moments qui marquent comme ce braquage en 1996 dont Sébastien se souviendra toute sa vie mais surtout avec le sentiment légitime d’une remarquable réussite familiale et professionnelle.

JP Vaneck

Un atout exceptionnel pour Le Tréport

Avec l’avènement des machines à sous dans les années 1990, les casinos sont devenus des éléments essentiels des développements des communes qui les accueillent. Au-delà du pouvoir attractif de l’établissement, au-delà des emplois, le casino représente une manne non négligeable pour la commune puisque l’an dernier par exemple, ce sont 985 000 euros qui sont venus abonder le budget communal au titre du prélèvement sur les jeux.

Histoire de casinos

La revue “Il était une fois Trois Villes Soeurs” de Didier Falkamn, Jacques Maquet et Jean Venel le stipulait dans son numéro 6, le Tréport aura connu quatre casinos.

Le premier imaginé vers 1840 avait été construit en 1850. Constitué à l’origine d’une simple baraque de planches, il subira plusieurs modifications. A la fin du XIXe, un projet plus ambitieux voit le jour et le 14 juillet 1897, M. Lefranc, maire du Tréport, inaugure le nouvel établissement, majestueux. C’est le début d’une période fastueuse. Le casino survivra à la première guerre mondiale, pas à la seconde. En 1942, l’occupant allemand le fait sauter. Il faudra attendre 1947 pour voir un nouveau casino provisoire érigé sur l’esplanade. Ce casino a lui aussi une histoire puisque ce sont des bâtiments qui ont abrité à Londres les premiers combattants de la France Libre qui seront utilisés. Il faudra attendre encore une dizaine d’années pour assister à la construction d’un nouveau casino qui en un peu plus de 40 ans est devenu ce qu’il est aujourd’hui et que la société Moliflor aura désormais la charge de diriger et de faire évoluer.

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