Friville-Escarbotin : Au chevet des tortues de Floride
L'Informateur
Publié le 12 septembre 2002
Les tortues de Floride dont ne veulent plus bon nombre de particuliers disposent d’une arche de Noé. Elles coulent des jours heureux dans le jardin exotique de Dominique Mopin à Friville-Escarbotin.
Dominique Mopin s’est épris depuis tout gamin bien avant la mode des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) pour ce reptile, au point de leur bâtir, au fil des ans, un véritable sanctuaire dans son jardin.
C’est parce qu’elle a de jolies tâches rouges au coin des yeux qu’on a vendu dans les années 70, la fameuse " tortue de Floride " comme animal de compagnie. La Trachemys Scripta Elegans (TSE), tortue d’eau douce a été " produite " en grand nombre à cette époque dans des fermes en Floride d’où son surnom.
Pas plus grande qu’une pièce de cinq francs, la tortue de Floride a souvent été traitée comme un jouet. Si bien que beaucoup sont mortes par manque de soins adaptés. Celles qui ont survécus ont vite atteint une taille critique pour les aquariums et, encombrant leur propriétaire, se sont retrouvées dans les étangs et rivières. Depuis 1997, cette espèce de tortue est interdite à l’importation donc à la vente.
On ne la trouve plus dans les animaleries, mais le mal est fait. En France, on estime à plus de 500.000 tortues relâchées ces dernières années, désorganisant l’écosystème et affolant les spécialistes de l’environnement. Un temps adulés, ces reptiles voraces sont alors devenus indésirables. Ces animaux ont quand même le droit à la vie. Dominique Mopin les récupère souvent en mauvais état de santé, il les soigne et les élève dans des mares qu’il a installées dans son jardin au milieu des bananiers, des kiwis et autres figuiers. Non pas dans le midi mais dans le quartier de la ZAC.
M. Mopin compte 27 tortues qui sont toutes de récupération. Comme tout passionné, il consacre beaucoup de temps à ses reptiles. Leur perte de poids outre la ponte des œufs, peut être le premier symptôme d’une maladie, M. Mopin les pèse alors régulièrement, et si perte de poids, il y a, il isole l’animal malade et le soigne. A force de patience, d’observation et d’expérience, l’ami des tortues est devenu un véritable expert en la matière.
La passion pour les tortues lui a valu dernièrement les honneurs de FR3 qui a tourné un reportage pour " Picardie Première". Emission diffusée juste avant les informations régionales du soir.
Deux mille amis des tortues de France et de Floride
M. Mopin n’est pas leur seul dans la région à s’être alarmé du sort qu’on réserve aux tortues de Floride, la toute jeune association CARAPAssion dont il fait partie compte 70 amis des tortues dans le Nord-Pas de Calais-Picardie. Présidée par Michel Louchart, elle a pour objectif de réunir les amateurs ou éleveurs ainsi que toutes personnes qui désirent participer à la sauvegarde et la protection de ces animaux menacés. L’association est affiliée à la Fédération Francophone pour l’Elevage et la Protection des Tortues (FFEPT) qui compte 2.000 membres. Cette dernière essaie de rassembler en France et dans les pays francophones tous ceux qui, du simple amateur au scientifique le plus éminent, s’intéressent aux chéloniens (tortues).
Si la tortue de Floride est envahissante, en revanche, la Cistude d’Europe et l’Emyde lépreuse, autres tortues aquatiques mais bien françaises, celles-là, sont devenues rares et font également l’objet d’une réglementation stricte mais pour des raisons contraires qui sont la préservation de l’espèce. Quant aux tortues terrestres (d’Hermann et Grecques) qui vivaient dans le jardin de nos grands-parents, elles se font également de plus en plus rares. Elevées le plus souvent seules au fond du jardin, elles ont souffert d’un manque de reproduction.
Plusieurs responsables de l’association régionale ont soit une qualification (certificat de capacité), soit effectué à plusieurs reprises des stages herpétologiques dans les différents centres d’élevages, de protection ou de présentation au public. L’association peut donc vous aider et vous conseiller sur l’identification, l’alimentation, l’hibernation, les soins, la réglementation en vigueur concernant les différentes espèces.
CARAPassion peut également aider les particuliers à trouver une solution à moindre coût pour faciliter l’élevage de leur(s) tortue(s) TSE dans de bonnes conditions mais comme elle ne peut pas récupérer toutes les tortues de Floride dont les gens veulent se débarrasser, elle cherche des alternatives auprès des collectivités. Le président explique qu’un étang, une mare et autre pièce d’eau municipale non autorisée à la pêche peuvent être, un lieu attractif pour le public si on y introduit des tortues de récupération.
Pour tous renseignements contactez la correspondante de la Somme, Laurence Buteux au 03 22 89 52 88. email : laurence.buteux@libertysurf.fr ou le président, Michel Louchart au 03 20 09 46 39. email : m.louchart@wanadoo.fr
C. Legrand
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