Article du 08/03/2010 à 10:27
A Friville et Woincourt, accros à la poudre
Le quotidien sordide des junkies

Ils sont cinq à comparaître à la barre du tribunal. Les deux plus jeunes ont 28 ans, “l’ancien” 44 ans. Cinq hommes aux profils différents, mais au destin lié par de la poudre, blanche ou marron, cocaïne en shoot, ou héroïne à pleine narine. Tous accros au moment des faits, durement accros même. A Friville-Escarbotin, Abbeville, Woincourt, Amiens, Rouen, et même jusqu’en Belgique, ils ont vécu le quotidien sordide des junkies. Suivons leurs traces sur la poudreuse.

 

“Ce qu’il voulait,

en toute quantité”

C’est une plainte pour violences déposée à la gendarmerie de Friville-Escarbotin qui va mettre le feu aux poudres. Le 16 mai 2006, une jeune fille dénonce les violences qu’elle subirait de la part de son concubin. Au passage, elle en profite pour “balancer” la consommation de stupéfiants du jeune homme. Les gendarmes vont donc tout naturellement se pencher sur le cas du violent toxicomane. Sans le savoir, ils viennent de mettre le doigt dans un réseau de trafic de drogues dures. Entendu, le jeune “tox” reconnaît sa dépendance aux drogues. Il lâche aussi le nom de son dealer : un certain David Lecomte, 40 ans. Surveillance, filature, téléphonie exploitée… L’enquête fournit aux gendarmes des éléments troublants. Le nom de David Lecomte revient dans toutes les bouches. Son voisinage parle de “défilé incessant”, “tout le monde le sait”… Certains se disent “énervés, car des gamines viennent régulièrement”. Assurément, les gendarmes ont mis la main sur un sérieux client. Un consommateur a même reconnu que David Lecomte avait “ce qu’il voulait, en toute quantité”.

Et un rebondissement inattendu va renforcer leurs certitudes. Un blouson a été retrouvé dans les HLM de Friville-Escarbotin. Jusqu’ici, rien de bien original. Sauf que le blouson est chargé à bloc de stups : 10 doses d’héroïne, du shit, et une carte téléphonique. Une perquisition est alors menée au domicile du propriétaire du blouson. Bonne pioche… Les gendarmes, très méthodiques, vont retrouver un morceau de papier caché dans le radio-réveil ! Dessus, un numéro de téléphone : celui de la mère de David Lecomte. L’étau se resserre autour de lui.


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